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Sigillographie – Les sceaux byzantins : quand le plomb vaut de l’or

    sceau byzantin

    Temps de lecture : 24 minutes

    PRATIQUER > SIGILLOGRAPHIE

    Depuis l’Antiquité, les hommes scellent leurs secrets et affirment leur autorité par un objet aussi discret qu’essentiel : le sceau. Les Égyptiens, les Perses, et bien avant eux les Sumériens, Akkadiens et Babyloniens, utilisaient déjà l’empreinte, c’est à Byzance que cette pratique connaît un épanouissement sans équivalent. L’Empire produit plusieurs dizaines de milliers d’empreintes de sceaux en plomb, appelés « bulles », qui deviennent à partir du VIIe siècle le médium sigillaire dominant.

    Les monnaies, dit-on, racontent l’économie, la propagande, le pouvoir impérial. Mais les sceaux, eux, racontent la vie de ceux qui n’ont pas laissé de récit. Ils parlent pour les gouverneurs oubliés de Pisidie, pour les évêques d’évêchés disparus, pour les agents du fisc, les notaires, les protonotaires, les abbés, les moineaux de l’administration byzantine. Pour les femmes aussi, parfois.

    Sommaire


    Note : tous les sceaux illustrés sont décrit plus précisément dans le chapitre dédié en bas d’article

    Un sceau byzantin, c’est quoi exactement ?

    En sigillographie, un sceau byzantin (ou « bulle »), est une petite pastille de plomb, généralement de 15 à 40 mm de diamètre, frappée au nom d’une personne ou d’une institution, souvent avec une image religieuse ou un portrait officiel.

    Il est traversé d’un canal, destiné à laisser passer un cordon ou une lanière qui était attaché à un document par un fil ou un lacet passant au travers, pour garantir l’authenticité de l’écrit et en interdire la falsification.

    Sa fonction première était double : garantir l’inviolabilité d’un document, et authentifier son origine. Il ne s’agit ni d’un ornement ni d’un symbole de prestige destiné à être montré ; c’est un outil de validation, comparable à une signature ou un cachet officiel.

    Sceau byzantin en plomb de Michel, protospathaire et hypatos (XIe siècle)
    Sceau byzantin en plomb de Michel, protospathaire et hypatos (XIe siècle)

    Une tradition héritée, une pratique byzantine

    Si les Romains utilisaient déjà les sceaux, notamment pour les communications officielles, les Byzantins ont développé un système extrêmement organisé et hiérarchisé, reflétant leur conception cosmique de l’ordre politique et religieux. Chaque fonctionnaire de rang significatif, chaque stratège, chaque archevêque, chaque unité d’administration locale ou centrale disposait d’un sceau personnel.

    Sceau byzantin en plomb de David Bourtzès, patrice, anthypatos et stratège (XIe siècle)
    Sceau byzantin en plomb de David Bourtzès, patrice, anthypatos et stratège (XIe siècle)

    L’usage du sceau était si courant qu’on trouve encore aujourd’hui des « archives de plombs » entières : à Preslav (Bulgarie), Cherson (Crimée), Sougdaia, ou Thessalonique, des centaines de bulles ont été découvertes sur un même site, abandonnées en bloc au moment de fuites ou de destructions.

    Si les détenteurs de sceaux appartiennent majoritairement aux sphères administratives, ecclésiastiques ou militaires, l’usage du sceau n’était pas pour autant strictement réservé aux hautes fonctions. De nombreux sceaux appartiennent à des clercs locaux, à des scribes, à des notables sans fonction connue, voire à des individus dont seul le prénom est conservé, sans aucun titre.

    Certains sceaux anonymes ou purement iconographiques, destinés à des correspondances privées, montrent que le sceau pouvait aussi servir à s’identifier dans un cercle restreint.

    Sceau byzantin en plomb au nom de Georges (VIIe siècle). Au droit, monogramme cruciforme invocatoire : ΘΕΟΤΟΚΕ ΒΟΗΘΕΙ — « Mère de Dieu, viens en aide » et au revers monogramme cruciforme : ΓΕΩΡΓΙΟΥ (Geōrgiou, « de Georges »).
    Sceau byzantin en plomb au nom de Georges (VIIe siècle). Au droit, monogramme cruciforme invocatoire : ΘΕΟΤΟΚΕ ΒΟΗΘΕΙ — « Mère de Dieu, viens en aide » et au revers monogramme cruciforme : ΓΕΩΡΓΙΟΥ (Geōrgiou, « de Georges »).

    Article connexe : 👉 Comment lire un monogramme byzantin ?

    A noter que la possession d’un boullôtèrion n’implique pas nécessairement que son propriétaire savait lire ou écrire, mais elle constitue néanmoins un bon indice d’alphabétisation ou d’insertion dans des milieux lettrés. À tout le moins, elle indique une certaine forme de statut social, fût-il modeste

    Fabriquer un sceau : technique et matériaux

    Les matériaux : une hiérarchie symbolique

    Les sceaux byzantins étaient fabriqués dans diverses matières, chacune portant sa propre signification protocolaire.

    L’or représentait le summum du prestige, réservé exclusivement à l’empereur pour ses documents les plus solennels, les chrysobulles. Cette pratique, introduite peut-être dès le VIIIe siècle, ne se systématisa véritablement qu’avec la dynastie macédonienne.

    Bulle d’or d’un solidus à trois bustes impériaux — Constantin VII Porphyrogénète, Romain Ier Lécapène et Christophe (913–944)
    Bulle d’or équivalent à un solidus / poids à trois bustes impériaux — Constantin VII Porphyrogénète, Romain Ier Lécapène et Christophe (913–944)

    Les sceaux d’argent, ou argyrobulles, demeurent extrêmement rares dans les collections conservées. Ils furent principalement utilisés par les souverains d’Épire ou de Morée, établis sur les débris de l’Empire après la catastrophe de 1204, la prise de Constantinople par les croisés. Ces princes grecs n’osaient usurper le privilège impérial de l’or tout en souhaitant se démarquer des simples fonctionnaires. Quelques mentions historiques évoquent aussi leur usage ponctuel par de hauts dignitaires, comme le curopalate Léon Phocas ou le duc byzantin d’Italie Argyros.

    Cependant, c’est le plomb qui constituait la matière première la plus répandue. D’usage courant du VIe au début du XIIIe siècle, il présentait l’avantage d’être abondant et peu coûteux, souvent obtenu comme sous-produit de la fabrication de lingots d’argent. Dans les périodes difficiles, il servait même de métal monétaire.

    Sceau byzantin en plomb de Grégoire, patrice et akolouthos (XIe siècle)
    Sceau byzantin en plomb de Grégoire, patrice et akolouthos (XIe siècle)

    La plupart des flans de plomb provenaient du recyclage d’anciens sceaux devenus obsolètes, expliquant ainsi le nombre relativement restreint de pièces conservées malgré les millions qui furent frappés.

    La cire, plus fragile et donc rarement conservée, était utilisée concurremment avec le plomb. Un manuel de la chancellerie patriarcale du XIVe siècle codifiait précisément leur usage : la bulle de plomb était réservée aux souverains et archevêques autocéphales (c’est-à-dire à la tête d’Églises indépendantes), tandis que le sceau de cire, considéré comme moins prestigieux, servait pour la correspondance avec les métropolites.

    Les Instruments de fabrication

    Le Moule à Flans

    Moule à flans byzantin, 6e-13e s.
Pierre, 49 x 65 cm. ASCSA, Corinth Excavations, MF 3274
© Ecole américaine d’études classiques d’Athènes
    Moule à flans byzantin, 6e-13e s.
    Pierre, 49 x 65 cm. ASCSA, Corinth Excavations, MF 3274
    © Ecole américaine d’études classiques d’Athènes

    La fabrication commençait par la création des flans vierges. Pour les sceaux de plomb, le métal fondu à basse température était versé dans un moule où l’on prenait soin de placer un fil métallique formant le canal par lequel passerait le lac reliant le sceau au document.

    Les dimensions des flans variaient généralement entre 20 et 30 mm, sans relation directe avec l’importance du signataire, exception faite des sceaux monumentaux des ekklèsekdikoi de Sainte-Sophie qui atteignaient 42 à 62 mm.

    Le Boullôtèrion

    L’outil essentiel de la frappe était le boullôtèrion, une pince en fer terminée par deux coins gravés à l’envers des deux faces du sceau. Pour créer une empreinte, l’artisan plaçait le flan vierge entre les mâchoires de cette pince et frappait violemment avec un marteau. Le boullôtèrion, plus résistant que le plomb, marquait alors le flan de son empreinte.

    Boullôtèrion de Nicéphore, proèdre de Méloè
(© musée d'art et d'histoire de Genève )
    Boullôtèrion de Nicéphore, proèdre de Méloè
    (© musée d’art et d’histoire de Genève )

    Lorsque les flans manquaient, on recyclait d’anciens sceaux devenus inutiles, profitant de la malléabilité du plomb. Cette pratique créait parfois des surfrappés, où l’on peut encore distinguer quelques lettres de l’ancienne empreinte sous la nouvelle.

    Des accidents de frappe survenaient également : décalage entre les deux faces si le flan glissait, légendes incomplètes avec des flans trop petits, ou doubles frappes lorsque la première empreinte n’était pas assez nette.

    La question des graveurs

    Un mystère demeure quant aux lieux de gravure des boullôtèria. La qualité généralement excellente des sceaux conservés suggère un savoir-faire professionnel, mais il paraît impossible que toutes les matrices aient été gravées à Constantinople compte tenu de l’immensité de l’Empire. Une grande majorité des sceaux est donc de fabrication artisanale.

    La rareté des boullôtèria conservés (moins d’une quinzaine) s’explique par leur destruction systématique lors des changements de poste ou du décès des fonctionnaires, mesure de sécurité destinée à empêcher la validation de faux documents. Parfois, lors d’une promotion, le fonctionnaire conservait une face du boullôtèrion (généralement l’avers iconographique) et faisait regraver l’autre pour tenir compte de sa nouvelle dignité, créant ainsi des pièces de qualité inégale entre leurs deux faces.

    Objets voisins

    Il faut distinguer les sceaux proprement dits d’autres objets approchants:

    Les tessères de charité étaient des plombs frappés sans canal ni cordon, parfois remis aux pauvres pour recevoir du pain ou un service charitable.

    Les sceaux de marchandise, retrouvés avec des impressions de toile au revers, servaient à sceller des ballots ou des sacs autorisés à la vente.

    Tessère de charité en plomb au nom de Jean (VIe–VIIe siècle)
    Tessère de charité en plomb au nom de Jean (VIe–VIIe siècle)
    Plomb conique avec poulet surement destiné au transport de marchandises (?)
    Plomb conique avec poulet surement destiné au transport de marchandises (?)

    Tous ces objets relèvent du même système de validation : frapper une empreinte identifiable dans un matériau capable de la conserver. Le sceau n’est donc pas un simple accessoire : c’est un élément central du système de transmission de l’autorité à Byzance.

    Déchiffrer les sceaux : les trois piliers de l’identification

    Paradoxalement, si les propriétaires de sceaux jouissaient d’une grande liberté dans le choix des éléments composant leur empreinte, cette liberté était encadrée par une nécessité pratique fondamentale : l’identification. Tout fonctionnaire devait pouvoir être reconnu par ses correspondants à travers ce que les documents contemporains appellent son sceau « usuel ». Cette exigence créait un équilibre délicat entre personnalisation et standardisation.

    Dans les cas les plus riches, particulièrement fréquents au XIe siècle, la légende pouvait révéler une véritable biographie condensée : nom de baptême, nom de famille, dignités obtenues, fonctions exercées (jusqu’à trois simultanément), et même lieu d’exercice pour les responsabilités locales. Ces sceaux exceptionnellement détaillés nous livrent un instantané complet d’une carrière administrative.

    La dénomination : plus qu’un simple nom

    Sceau de Jean (VIe–VIIe siècle)
    Sceau de Jean (VIe–VIIe siècle)

    À l’exception des sceaux institutionnels (comme ceux des juges de Sainte-Sophie ou des douanes provinciales) et des rares sceaux anonymes que nous verrons plus loin, le nom de baptême était systématiquement mentionné.

    Le choix iconographique suivait souvent, mais pas systématiquement, le nom du signataire.

    Environ une fois sur deux, le propriétaire du sceau choisissait de faire représenter le saint dont il portait le nom, créant ainsi une cohérence entre identité civile et dévotion personnelle.

    Sceau de Théodore Macrembolitès, protospathaire et notaire impérial (XIe siècle) avec Saint théodore au droit
    Sceau de Théodore Macrembolitès, protospathaire et notaire impérial (XIe siècle) avec Saint théodore au droit

    La titulature : miroir de la hiérarchie

    La titulature constituait l’élément identificateur le plus précis. Elle comprenait les dignités (généralement classées par ordre décroissant) et les fonctions, la dernière mentionnée étant celle effectivement exercée au moment de la frappe.

    Cette précision hiérarchique n’était pas qu’une coquetterie protocolaire : dans une société obsédée par l’ordre et le rang, certaines dignités ou fonctions uniques permettaient une identification immédiate.

    Sceau de Stéphanos Bourtzès, hypatos et stratège (XIe siècle)
    Sceau de Stéphanos Bourtzès, hypatos et stratège (XIe siècle)

    Cette rigueur hiérarchique permet aux historiens modernes de reconstituer des carrières complètes. L’exemple de Nicéphore Mélissènos, époux d’Eudocie Comnène, illustre parfaitement cette progression : de magistre et vestarque catépan à césar, en passant par duc de Sofia, proèdre, puis même basileus autokratôr en 1081 avant de se soumettre à Alexis Comnène.

    L’iconographie : un langage visuel codifié

    Bien que certains sceaux soient purement textuels (les bilatéraux), la plupart comportent une représentation sur l’une des faces : Vierge, saint, croix, ou parfois scènes plus rares comme la philoxénie d’Abraham ou la Dormition. Ces choix iconographiques, loin d’être anodins, constituaient de véritables signatures visuelles.

    Sceau bilatéral Constantin Doukas, proèdre (dernier quart du XIe siècle)
    Sceau bilatéral Constantin Doukas, proèdre (dernier quart du XIe siècle)
    Sceau à iconographie complexe de Constantin, neveu du patriarche Michel Kéroullarios (vers 1060-1070)
    Sceau à iconographie complexe de Constantin, neveu du patriarche Michel Kéroullarios (vers 1060-1070)

    En principe, un fonctionnaire conservait le même motif iconographique tout au long de sa carrière, permettant de le distinguer d’homonymes contemporains. Cette constance était si importante que les nouveaux graveurs recevaient l’ancien sceau comme modèle, reproduisant parfois jusqu’aux maladresses du graveur initial.

    Les ecclésiastiques suivaient souvent une logique géographique : les métropolites d’Euchaïtes, ville de pèlerinage dédiée à saint Théodore, choisissaient fréquemment ce saint pour leurs bulles ; saint Démétrios ornait régulièrement les sceaux des métropolites de Thessalonique, sa ville de prédilection.

    L’art de la déduction

    Pour le sigillographe moderne, déchiffrer un sceau byzantin nécessite une approche méthodique croisant plusieurs indices. L’iconographie permet souvent une première datation grâce aux modes artistiques qui traversaient l’Empire. La titulature révèle non seulement l’identité du propriétaire mais aussi sa place dans l’administration et donc la période de son activité. La qualité de la frappe peut indiquer l’origine géographique ou les circonstances de création du boullôtèrion.

    Chaque sceau devient ainsi un puzzle dont il faut reconstituer les pièces : qui était ce fonctionnaire ? À quelle époque a-t-il vécu ? Dans quel cadre administratif évoluait-il ? Quelle était sa dévotion personnelle ? Ces questions, apparemment simples, ouvrent en réalité une fenêtre sur l’ensemble de la civilisation byzantine, révélant ses structures, ses croyances et ses pratiques quotidiennes. L’identification réussie d’un sceau permet alors de reconstituer un fragment de cette vaste fresque administrative qu’était l’Empire byzantin, où chaque fonctionnaire, du plus humble au plus puissant, portait fièrement les marques de sa place dans l’ordre du monde.

    Les techniques concrètes d’analyse ou autres astuces d’identification dépassent toutefois le cadre de cet aperçu et feront l’objet d’un prochain article.

    Les utilisateurs des sceaux byzantins

    Qui pouvait sceller ?

    En théorie, l’usage du sceau était libre à Byzance. Aucune loi ne limitait ce droit et aucune sanction n’était prévue pour la contrefaçon – il était d’ailleurs plus facile de voler un sceau que de le contrefaire, comme l’illustre l’affaire d’Isaac, frère de l’empereur Manuel Comnène, qui déroba les sceaux impériaux pour fabriquer de fausses donations.

    Cependant, dans la pratique, les sceaux qui nous sont parvenus proviennent massivement de détenteurs de charges publiques.

    L’empereur et la cour impériale

    L’empereur jouissait du privilège exclusif de sceller à la bulle d’or, matière réservée aux documents les plus importants (les chrysobulles).

    Ses autres actes étaient authentifiés par des bulles de plomb ou de cire. Sur les sceaux impériaux figure toujours l’empereur autokratôr, seul ou accompagné de co-empereurs.

    Sceau impérial byzantin en plomb de Justinien Ier
    Sceau impérial byzantin en plomb de Justinien Ier

    À partir de la dynastie des Comnènes, l’impératrice dispose également de son sceau personnel, reflétant l’importance nouvelle des alliances matrimoniales.

    Les dignitaires religieux

    Le patriarche de Constantinople utilisait des sceaux dont les légendes évoluèrent pour affirmer son statut face à la papauté : d’abord simple « patriarche », puis « patriarche œcuménique » et enfin « par la grâce de Dieu ».

    Sceau d’Aimery de Limoges, patriarche d’Antioche (1140–1165 et 1170–1193)
    Sceau d’Aimery de Limoges, patriarche d’Antioche (1140–1165 et 1170–1193)

    Les autres patriarches orientaux suivaient le modèle byzantin avec une iconographie spécifique (la Vierge pour Constantinople, saint Pierre pour Antioche, etc.).

    Les évêques et higoumènes des grands monastères possédaient également leurs sceaux, souvent avec le titre de proèdre à partir du XIe siècle.

    Les institutions et services

    Certaines institutions byzantines disposaient de la personnalité juridique et émettaient leurs propres sceaux : manufactures d’armes, tribunal de Constantinople, églises importantes, grands monastères constantinopolitains, et services de charité (diaconies).

    Les marchands et artisans

    Les sceaux de marchands sont rares et concernent généralement des personnes exerçant une fonction officielle dans leur métier. On trouve quelques négociants (pragmateutai), marchands de soie (séricaires), et même un tailleur impérial cumulant cette charge avec des dignités auliques.

    Sceau d’Anastasios, makellarios – Boucher (VIIIe siècle)

    Les métiers de la soie, strictement réglementés, constituaient un cas particulier avec leurs ateliers impériaux dirigés par des archontes.

    les sceaux anonymes

    Parmi les milliers de bulles de plomb byzantines conservées, quelques centaines présentent une particularité intrigante : elles ne portent aucune mention du nom de leur propriétaire. Ces sceaux anonymes posent la question de leur fonction et de leur contexte d’utilisation.

    Une partie de ces plombs, datés presque exclusivement des XIe–XIIe siècles, livrent un indice précieux : leur légende invite directement le lecteur à se référer au document scellé pour identifier l’expéditeur, selon des formules telles que : « De qui je suis le sceau, tu l’apprendras en voyant le document ». La variété des formulations connues est remarquable, certaines étant versifiées, d’autres placées sous la protection d’un saint, tel l’archange Michel.

    Sceau anonyme à la légende inhabituelle : "observe le document pour savoir à qui j’appartiens"
    Sceau anonyme à la légende inhabituelle : « observe le document pour savoir à qui j’appartiens »

    Dans d’autres cas, l’anonymat provient du choix d’une iconographie pleine sur les deux faces, occupant tout l’espace disponible : saints, Vierge, ou scènes religieuses, sans légende autre que le nom sacré de la figure représentée. Paradoxalement, certains de ces sceaux furent bel et bien utilisés par des fonctionnaires en activité. Ainsi, Théodore Kladôn scella des documents officiels avec sa bulle « habituelle » représentant au droit saint Nicolas et au revers saint Pantéléèmôn, sans aucune mention de sa fonction.

    Sceau byzantin en plomb anonyme à la Vierge Blachernitissa et saint Pantaléon (XIe–XIIe siècle)
    Sceau byzantin en plomb anonyme à la Vierge Blachernitissa et saint Pantaléon (XIe–XIIe siècle)

    Les sources littéraires signalent même des cas prestigieux : Anne Dalassènè, mère de l’empereur Alexis Ier Comnène, disposait d’un sceau représentant d’un côté la Dormition, de l’autre la Transfiguration, selon le témoignage d’Anne Comnène (Alexiade, I, p. 122). L’absence de toute légende fonctionnelle n’empêchait pas cette composition iconographique rare de constituer une véritable signature visuelle.

    Oikonomidès distingue enfin une catégorie particulière : les sceaux épiscopaux anonymes portant seulement la mention « sceau de l’évêque de [telle ville] ». Ces empreintes auraient été utilisées par le personnel administratif d’un évêché ou d’une métropole pour expédier les affaires courantes, soit en l’absence temporaire de l’évêque, soit durant la vacance du siège avant la nomination de son successeur.

    Ces différents exemples montrent que l’anonymat sigillaire à Byzance n’est pas un simple oubli : il répond à des pratiques précises, parfois pragmatiques, parfois symboliques, où l’iconographie et la formule remplacent le nom propre comme vecteur d’autorité.

    Les sceaux originaux (anonyme aussi)

    Parfois, la bureaucratie byzantine laissait place à un brin de fantaisie. Un exemple savoureux en témoigne : un petit sceau de plomb du XIe siècle, de seulement 17 mm de diamètre, dont l’inscription est en vers ! L’inscription, en grec byzantin, forme un dodécasyllabe (vers de 12 syllabes) qui se traduit littéralement par : « « Petit sceau en plomb très complexe » .

    En grec :
    CΦPAΓ, / AKPIRE/CTATH — MIKPA / MOΛIR/ΔHC (Sphragis = sceau, akribestate = très précise, très exacte, très complexe/détaillé, mikra = petit, molybdes = de plomb)

    sceau très complexe

    Collections, corpus et recherches actuelles

    Les plus grandes collections de sceaux byzantins se trouvent aujourd’hui :

    • à Dumbarton Oaks (Washington), avec plus de 17 000 pièces
    • au Musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg (~13 000)
    • à la BNF et l’Institut français des études byzantines, plus de 10 000 dont une partie de la collection Zacos (1998) et une partie de la collection Schlumberger (1926)
    • Un ensemble intéressant est à noter aussi au MAH de Genève

    Chaque année, de nouveaux sceaux apparaissent lors de fouilles ou sur le marché de l’art. La fondation de bases de données en ligne (comme celle de la prosopographie byzantine de King’s College London) rend possible leur exploitation à grande échelle.

    La sigillographie, un terrain d’avenir pour le collectionneur curieux

    Contrairement à la monnaie, les sceaux sont souvent connus en un seul exemplaire. Ils ne servent pas uniquement à dater, mais à identifier. C’est un domaine exigeant : beaucoup de sceaux sont illisibles sans décryptage patient, les faux existent, et l’iconographie demande des compétences spécifiques. Mais c’est aussi un terrain de chasse historique fertile : un sceau inconnu peut révéler une fonction oubliée, une filière de pouvoir, un nom de ville disparue.

    Le matériel est encore relativement abordable : certains plombs bien lisibles peuvent s’acquérir pour moins de 100 euros, voire moins de 50 euros si l’on accepte les défauts.

    Attention toutefois aux prix fantaisistes pratiqués par certains vendeurs peu informés qui, ne connaissant pas la valeur réelle de ces objets, appliquent des tarifs prohibitifs « au cas où » (méthode Jean-Claude Duss!).Une connaissance du marché s’avère indispensable pour éviter ces pièges, comme je l’explique mainte fois dans la section guide d’achat du Codex.
    En bref, n’allez pas dépenser 100 € dans un plomb en mauvais état et surtout sans identification (il faut plusieurs heures voir plusieurs jours parfois pour identifier un sceau).

    Conclusion : quand le plomb vaut de l’or pour l’historien

    Les sceaux byzantins ne sont pas de simples objets métalliques : ce sont des fragments d’histoire authentiques. Ils nous parlent avec sobriété mais puissance des hommes et des femmes qui ont gouverné, prié, jugé, administré l’Empire romain d’Orient. Ils nous disent leur foi, leur identité, leur poste, leur piété ou leur ambition.

    Pour le débutant comme pour l’historien confirmé, la sigillographie byzantine est une science passionnante, au croisement de l’archéologie, de l’histoire et de l’iconographie.

    Comme le disait Nicéphore Bryenne : « le plomb pèse peu, mais son empreinte dure toujours. »

    A suivre : déchiffrer les sceaux byzantins

    C•W


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    Origine et description des images

    La plupart proviennent de la boutique de Gert Boersma [qui propose des tarifs nettement inférieurs à ceux généralement observés sur le marché…ca c’était pour le conseil bonus ]

    Sceau byzantin en plomb de Michel, protospathaire et hypatos (XIe siècle)
    Plomb (30 mm, 17,41 g).
    Saint Georges nimbé de face, tenant une lance sur l’épaule droite et un bouclier sur le bras gauche ; de part et d’autre, les lettres Θ / ΓE/W, -Γ/I (abréviation grecque de « Ὁ ἅγιος Γεώργιος », « Saint Georges »).
    Revers : Légende en cinq lignes : +ΚΕR | ΜΙΧΑΗΛ | ΑCΠΑΘ,ΡΙ | ΥΠΑΤ | W — « Seigneur, aide Michel, protospathaire et hypatos ». Ornement dans l’angle inférieur droit.
    © Gert Boersema

    Sceau byzantin en plomb de David Bourtzès, patrice, anthypatos et stratège (XIe siècle)
    Plomb (25 mm, 11,79 g).
    Avers : Saint Michel nimbé de face, vêtu du loros, tenant un sceptre tréflé de la main droite et le globe crucigère de la main gauche ; dans les champs, Μ / Ι–Χ / Α (abréviation de Μιχαήλ).
    Revers : Légende sur six lignes :
    ΚΕ Ρ,Θ, | ΔΑΔ ΠΡΙ | ΑΝΘΥΠΑΤ | Σ ΣΤΡΑΤΗ | ΤΟ ΡΟΥΡ | ΤΖΙ — « Seigneur, aide ton serviteur David, patrice, anthypatos et stratège Bourtzès » ; motifs décoratifs encadrant la dernière ligne.
    Réf. : Inédit ; cf. Cheynet, La Famille Bourtzès, n° 15 (type proche avec dignité supplémentaire de vestès) ; cf. aussi Gorny & Mosch, vente 156 (2007), n° 2371 (attestant David Bourtzès comme katepano de Crète).
    ©Gert Boersema

    Sceau byzantin en plomb au nom de Georges (VIIe siècle)
    Plomb (23 mm, 8,81 g).
    A/ Monogramme cruciforme invocatoire : ΘΕΟΤΟΚΕ ΒΟΗΘΕΙ — « Mère de Dieu, viens en aide ».
    R/ Monogramme cruciforme : ΓΕΩΡΓΙΟΥ (Geōrgiou, « de Georges »).
    ©Gert Boersema

    Bulle d’or d’un solidus à trois bustes impériaux — Constantin VII Porphyrogénète, Romain Ier Lécapène et Christophe (913–944)
    Or, 4,16 g. Frappée entre 921 et 924.
    Avers : Buste de face du Christ Pantocrator, nimbé, vêtu du chiton et de l’himation, bénissant de la main droite et tenant les Évangiles de la main gauche ; légende circulaire abrégée en caractères grecs pseudo-cyrilliques : [+ ΙΗϹЧϹ Χ – ΡΙϹΤЧϹ].
    Revers : Trois bustes impériaux affrontés : au centre, Romain Ier barbu, coiffé de la couronne crucigère et vêtu du loros ; à gauche, Constantin VII Porphyrogénète, et à droite, Christophe, tous deux barbus, vêtus de la chlamyde. Les proportions indiquent la hiérarchie : Romain domine la composition.
    Réf. : Zacos–Veglery, cf. n° 65 (bulle de deux solidi) ; cf. Spink sale 135 (1999), n° 228 (ex. en or de deux solidi).
    © Numismatica Ars Classica, Auction 111, Lot 315

    Sceau byzantin en plomb de Grégoire, patrice et akolouthos (XIe siècle)
    Plomb (29 mm, 20,75 g).
    Avers : Saint Georges en tenue militaire, debout de face, tenant la lance de la main droite et l’épée de la gauche. Légende : Ο ΓΕ–ΩΡΓΙΟΣ (Ho Geōrgios, « Saint Georges »).
    Revers : Légende sur quatre lignes :
    ΚΕ ΒΘ ΓΡΗΓΟΡ’ ΠΡΙΚΙΩ Σ ΑΚΟΛΟΥΘ’ — « Seigneur, aide Grégoire, patrice et akolouthos ».

    Tessère byzantine en plomb au nom de Jean (VIe–VIIe siècle)
    Plomb (17 mm, 4,71 g).
    Avers : Monogramme cruciforme lisible comme ΙΩΑΝΝΟΥ (Iōannou, « de Jean »).
    Revers : Lisse.
    Réf. : Cf. Cheynet, Tessères de plomb byzantines du musée archéologique d’Istanbul, n° 8.31 (tessère similaire avec monogramme et revers vierge).
    ©Gert Boersema

    Sceau byzantin en plomb au nom de Jean (VIe–VIIe siècle)
    Plomb (24,55 mm, 10,90 g).
    Avers : Entre deux croix, buste de la Mère de Dieu, nimbée, dans un encadrement de couronne végétale.
    Revers : Monogramme (Zacos 251) lisible comme Ἰωάννου (Iōannou, « de Jean »).
    © Rex Numismatics, Auction 20, Lot 891

    Sceau byzantin en plomb de Théodore Macrembolitès, protospathaire et notaire impérial (XIe siècle)
    Plomb (27 mm, 11,59 g).
    Avers : Saint Théodore nimbé, de face, tenant une lance sur l’épaule droite et appuyant un bouclier sur le bras gauche ; légende : Θ / [Θ]Є/Ω–Δ/Ω/PO/C (Ho Hagios Theodōros, « Saint Théodore »).
    Revers : Légende sur cinq lignes, avec ornementation en haut et en bas :
    ΘΕΟΔΩΡ ΠΡΩΣΠΑΘ Σ / ΡΑΚΙ ΝΟΤ / Ο ΜΑΚΡΕ / ΜΒΟΛΙΤ — « Seigneur, aide Théodore, protospathaire et notaire impérial Macrembolitès ».
    © Leu Numismatik, Web Auction 8, Lot 1754

    Sceau byzantin en plomb de Stéphanos Bourtzès, hypatos et stratège (XIe siècle)
    Plomb (27 mm, 15,55 g).
    Avers : Saint Georges nimbé, de face, tenant une lance sur l’épaule droite et appuyant un bouclier sur le bras gauche ; dans les champs, …–Γ/ΙΟ/C (abréviation de Ὁ ἅγιος Γεώργιος, « Saint Georges »).
    Revers : Légende sur cinq lignes :
    ΚΕ Β,Θ, / ΣΤΕΦΑΝ / ΥΠΑΤΩ / Κ ΣΤΡΑ(ΤΙ) / ΒΟΥΡΖ — « Seigneur, aide Stéphanos, hypatos et stratège Bourtzès ».
    © Gert Boersema

    Sceau (Bilatéral) byzantin en plomb de Constantin Doukas, proèdre (dernier quart du XIe siècle)
    Plomb (26 mm, 12,52 g).
    Avers : Légende sur quatre lignes avec ornementation en haut et encadrant la dernière ligne :
    ΚΕ ΡΟ/ΗΘΕΙ ΚΩΝ/ΣΤΑΝΤΙ/Νῼ — « Seigneur, aide Constantin ».
    Revers : Légende sur quatre lignes avec ornementation identique :
    ΠΡΩΤΟ/ΔΡΩ Τῷ / ΔΟΥΚΙ — « au proèdre Doukas ».
    © Gert Boersema

    Sceau byzantin en plomb de Constantin, neveu du patriarche Michel Kéroullarios (vers 1060–1070)
    Plomb (30 mm, 16,78 g).
    Avers : Saints Nicolas (à g.) et Ménas Kallikélados (à dr.), debout face à face, les mains levées en prière vers un médaillon du Christ placé en partie supérieure centrale ; en partie inférieure centrale, inscription sur six lignes : ΚΕ | ΡΟ | ΗΘΕΙ | ΤΩ CΩ | ΔΟΥΛΩ | ΚΩΝ (« Seigneur, aide ton serviteur Constantin »).
    Revers : Saints Démétrios (à g.) et Pantaléimon (à dr.), debout face à face, les mains levées en prière vers un médaillon de la Vierge en partie supérieure centrale ; en partie inférieure centrale, même inscription que l’avers.
    Réf. : Zacos II, n° 404 ; Hirsch 217, lot 2710 ; Wassiliou-Seibt, Kerullarioi, p. 146 et fig. 2.
    D’après l’étude de A.-K. Wassiliou-Seibt (Bulgaria mediaevalis, vol. 2, 2011, p. 107–120), ce sceau appartient à Constantin, le plus connu des deux neveux du patriarche Michel Kéroullarios. Fils du frère aîné du patriarche, compromis dans une conspiration contre Michel IV en 1040, il fut élevé sous la protection de son oncle et instruit par le lettré Michel Psellos. Actif dans les cercles politiques et militaires, il soutint Isaac Ier Comnène lors du coup d’État de 1057. Sa carrière brillante, attestée par ses sceaux, le mena aux dignités de vestarchès, juge des Velon, grand kourator du sekreton des Mangana, puis grand drongaire de la garde et protoproèdre. Il fut enfin le premier à recevoir le titre de sebastos avant 1078. L’iconographie originale, associant quatre saints protecteurs, exprime sans doute à la fois la piété personnelle et l’ambition politique du propriétaire.
    © Gert Boersema

    Sceau impérial byzantin en plomb de Justinien Ier (527–565)
    Plomb.
    Avers : Légende D N IVSTINIANVS P P AV (Dominus Noster Iustinianus Perpetuus Augustus) ; buste de face de l’empereur, casqué, cuirassé, coiffé d’une couronne nimbée.
    Revers : Ange debout de face, tenant une couronne dans chaque main ; croix à gauche et à droite.
    Réf. : Byzantine Lead Seals I, 3a–c.
    Ce type appartient aux premiers sceaux impériaux de Justinien Ier, reprenant la solennité iconographique des solidi contemporains : un empereur guerrier au droit et un ange psychopompe et protecteur au revers. L’ange tenant deux couronnes symbolise à la fois la victoire terrestre et la récompense céleste.

    Sceau en plomb d’Aimery de Limoges, patriarche d’Antioche (1140–1165 et 1170–1193)
    Plomb (34 mm, 36,86 g).
    Avers : Légende circulaire + SIGILLVM SANCTI PETRI APOSTOLI (« Sceau de saint Pierre apôtre ») ; buste nimbé de saint Pierre.
    Revers : Légende circulaire + AIMERICVS PATRIARCHA ANTIOCENVS (« Aimery, patriarche d’Antioche ») ; buste du patriarche tenant un sceptre sommé d’une croix et levant la main droite en signe de bénédiction.
    Provenance : Ancienne collection Zacos ; Spink, Zacos II (25 mai 1999), lot 151 ; Jean Elsen 113 (juin 2012), lot 780.
    Ce sceau associe l’effigie tutélaire de saint Pierre, patron de l’Église d’Antioche, à celle d’Aimery de Limoges, figure influente des États latins d’Orient. Son long patriarcat, interrompu par un court exil, coïncide avec une période de tensions entre pouvoir ecclésiastique et principauté laïque, tout en affirmant la continuité apostolique de l’Église d’Antioche.
    © Gert Boersema

    Sceau byzantin en plomb d’Anastasios, makellarios (VIIIe siècle)
    Plomb (24 mm).
    Avers : Invocation : Κύριε βοήθη τῷ σῷ δούλῳ (« Seigneur, aide ton serviteur »).
    Revers : Ἀναστασίου μακελλαρίου (« [sceau] d’Anastasios, makellarios »).
    Réf. : Dumbarton Oaks, BZS.1947.2.843 ; W. Seibt, Some seals of Byzantine professional men, dans Anticharismatos.
    La lecture du titre makellarios (« boucher ») a été proposée par Werner Seibt en correction de sakellarios. Si elle est retenue, ce sceau témoigne de l’existence de sceaux « professionnels », utilisés par des artisans ou marchands urbains. Il constitue un témoignage rare sur l’organisation des métiers alimentaires à Byzance et sur leur rôle dans l’approvisionnement des villes.

    Sceau byzantin en plomb anonyme (fin XIe siècle)
    Plomb (20 mm, 6,82 g).
    Avers : Légende sur quatre lignes :
    Οὗ σφραγίς εἰμι τὴν — « Je suis le sceau de… ».
    Revers : Légende sur quatre lignes :
    Γραφὴν ἀναλέπων ἴδε — « Observe l’écrit pour savoir ».
    Réf. : Wassiliou-Seibt, Corpus n° 1706.
    Ce sceau porte une formule inhabituelle, à valeur d’énigme : « Observe le document pour savoir à qui j’appartiens ». Ce type métalinguistique, où le sceau renvoie explicitement à l’acte scellé, est rare dans la sigillographie byzantine et témoigne d’une conscience ironique ou rhétorique du rôle du sceau comme garant de l’identité et de l’authenticité.
    ©Gert Boersema

    Bibliographie

    Jean-Claude Cheynet, La société byzantine : l’apport des sceaux(2 volumes)
    [La meilleurs introduction de sigillographie byzantine en français]

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    Cheynet apport des sceaux

    2 commentaires sur “Sigillographie – Les sceaux byzantins : quand le plomb vaut de l’or”

    1. L’inconvénient avec le plomb, à mon humble avis, sa fragilité. De plus, pour sa conservation, en aucune manière des médailliers en chêne, voir aussi des formaldéhydes de certains plastiques pouvant provenir de certains meubles modernes, sujet d’une lointaine discussion avec Melle Josèphe Jacquiot à l’École du Louvre, sujet en cours d’actualité à l’époque. Pour ma part, ma méfiance va aux bois recomposés, laqués, contreplaqués, médium, colles composées de produits très mauvais. Mais bon, le sujet est intéressant, offrant une collection originale, sortant des sentiers battus, encore que les monnaies romaines offrent un très large choix de par la richesse de ses sujets !

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